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La Chronique de Fouda : Comment Adoum Garoua assassine les autres sports

Camfoot

Le Cameroun, c’est vraiment le Cameroun ! Le Cameroun, disions-nous, est un pays extraordinaire, où les responsables politiques et administratifs n’ont, en matière de sport, d’yeux que pour le football (c’est le sport roi après tout). Le Cameroun, c’est surtout cette nation de 20 millions d’habitants, où le service public en général et le ministère des Sports et de l’Education physique (Minsep), ont été complètement paralysés deux semaines durant pour cause de campagne électorale, en vue du double scrutin municipal et législatif tenu le 30 septembre dernier.

Le 4 octobre 2013
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Le Minsep, à ce titre, s’est totalement vidé de ses responsables, partis battre campagne dans les villes et campagnes de la République, en faveur du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), le parti présidentiel. L’absence de continuité du service public aura notamment coûté cher, très cher même aux athlètes affiliés à la Fédération camerounaise de Power-lifting. Alors qu’ils devaient s’envoler pour prendre part au championnat du monde de cette discipline aux Etats-Unis à partir de jeudi 3 octobre 2013, les pauvres athlètes sont restés cloués au sol.

Il ne s’agit aucunement d’un problème d’argent - curieusement - comme c’est souvent le cas avec les sports mineurs. Le président de la Fédération camerounaise de power-lifting avait déjà pris les dispositions nécessaires pour supporter les charges, notamment les billets d’avion, l’hébergement, la nutrition, l’assurance et autres frais médicaux…

Il fallait seulement une autorisation écrite et dûment signée du ministre des Sports Adoum Garoua ou de son secrétaire général Emmanuel Samuel Wonyu pour que les sportifs se mettent en route. Mais, les deux responsables ne sont pas en poste depuis deux semaines pour des raisons de campagne électorale. Adoum Garoua sillonnait la Région du grand nord, alors qu’Emmanuel Samuel Wonyu organisait d’autres meetings dans son département natal de la Sanaga-Maritime, Région du Littoral.

Rien n’indique que même si cette fédération se mettait en route jeudi ou vendredi, elle arriverait dans les délais, pour son entrée en compétition prévue samedi prochain aux USA, compte-tenu des aléas du voyage. Les pauvres athlètes payent ainsi contre leur gré le prix de ce mariage déraison entre le sport et la politique.

Le fonctionnement de l’Etat est paralysé à cause d’un homme : Jean Nkuété. En sa qualité de secrétaire général du Comité central du Rdpc, il a adressé il y a quelques semaines une correspondance aux ministres et autres directeurs généraux de sociétés publiques et parapubliques, de libérer leurs cadres dans le but de leur déploiement pour le Rdpc durant la campagne électorale.

Un tel privilège ne se refuse surtout pas. Ce d’autant plus qu’à travers ces manœuvres politiciennes, le Minsep Adoum Garoua, comme ses collaborateurs, espèrent garder leurs postes à l’issue du remaniement ministériel qui interviendra surement à la suite des élections législatives et municipales.

Adoum Garoua pas à la hauteur

Mettre en avant la campagne électorale serait cependant une excuse trop facile pour justifier l’incompétence du ministre des Sports qui, lui, en aurait fait son sport favori. Adoum Garoua a clairement démontré qu’il n’était pas à la hauteur de la mission qui lui a été confiée par le chef de l’Etat lors du remaniement ministériel du 9 décembre 2011.

En l’espace de deux (2) ans, le Cameroun a été banni de plusieurs compétitions internationales. Raisons : immixtion du gouvernement dans le processus électoral ou non payement des cotisations auprès des instances internationales. C’est le cas notamment de la boxe, du cyclisme et du rugby, pour ne citer que ces disciplines.

Les conséquences sont très graves. La Fédération camerounaise de cyclisme ne pourra prétendre organiser ou participer de nouveau à une compétition internationale qu’à partir de 2014, à condition que les responsables de la fédération et le gouvernement par le biais du ministère des Sports et de l’Education physique donnent toutes les garanties matérielles et financières.

Au niveau de la boxe, le Cameroun, qui compte pourtant plusieurs jeunes champions d’Afrique et des médaillés olympiques, n’a pas pris part aux championnats d’Afrique de boxe senior du mois de septembre à l’Ile Maurice. En plus, le championnat d’Afrique Centrale de boxe qui devait se dérouler à Yaoundé en avril a été annulé.

Egalement, les rugbymen camerounais sont exclus des compétitions internationales. La Confédération africaine de rugby reproche au Cameroun de n’avoir pas participé aux tournois continentaux organisés en 2012, l’absence d’une vraie politique de développement de rugby ainsi que des infrastructures.

C’est pratiquement tout le mouvement sportif camerounais qui se retrouve paralysé. Seul responsable de cette léthargie, le Minsep comptant sur les lobbys du Grand-nord, reste inflexible face aux pleurs des sportifs. Et pourtant, à son installation au ministère des Sports il y a deux ans par le Premier ministre Philemon Yang, Adoum Garoua avait promis un traitement d’égale valeur pour toutes les fédérations sportives.

Mais, dans les faits, seul le football bénéficie des faveurs du gouvernement. On a vu avec quelle diligence les pouvoirs publics se sont investis pour faire lever la suspension du Cameroun par la Fifa en juillet. Pendant ce temps, les sports dits mineurs croupissent dans une misère indescriptible, prenant à contre-pied le chef de l’Etat qui lors de la réception de la défunte équipe Camship handball dames championne d’Afrique en 1985, avait prononcé cette phrase lourde de démagogie : « Au Cameroun il n’y a pas de sport majeur, de sport mineur ni de sport réservé (...). » La réalité est pourtant là, triste, cruelle, implacable ! Au plan local, actuellement, 17 autres fédérations sur la quarantaine existantes, sont dans une situation de non fonctionnalité en raison des promesses de financements non tenues par le Minsep.

Par Jean Robert Fouda, à Yaoundé


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