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Patrick Mboma : « cette médaille d’or est ma plus grande joie »

Avec Fifa.com

Il a remporté deux CAN et un Ballon d’or africain. Pourtant, onze ans après les Jeux Olympiques de 2000, la médaille d’or remportée à Sydney reste pour Patrick Mboma, sa « plus grande fierté de footballeur ». C’est ce qu’il a confié à Fifa.com. Morceaux choisis.

Le 8 juillet 2021
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Quand avez-vous pris conscience que vous pouviez aller chercher une médaille ?

On a pris confiance en nous au fur et à mesure. Au départ, nous avons cherché à ne pas être ridicules. Nous avons passé la phase de groupes par un trou de souris et nous sommes tombés face au Brésil en quart de finale. Là on s’est dit : « c’est bien d’avoir participé, essayons de sortir la tête haute ».

Est-ce qu’ils ont été surpris par votre détermination ?

C’était la formation qui avait décrété qu’elle allait gagner les Jeux Olympiques. Il y avait Ronaldinho dont on avait entendu parler mais qu’on ne connaissait pas. Je pense qu’ils ont fait preuve d’un peu de condescendance. Et quand on commence un match de la mauvaise façon, on a du mal à exister. Ils ont eu beaucoup de mal à rectifier le tir, on les voyait « s’engueuler ». Ils nous étaient nettement supérieurs mais collectivement ils n’ont pas fait le « job ». Nous avons fait la différence dans la volonté, l’engagement et la détermination.

Quand avez-vous pris conscience que vous pouviez aller chercher une médaille ?

On a pris confiance en nous au fur et à mesure. Au départ, nous avons cherché à ne pas être ridicules. Nous avons passé la phase de groupes par un trou de souris et nous sommes tombés face au Brésil en quart de finale. Là on s’est dit : « c’est bien d’avoir participé, essayons de sortir la tête haute ».

Est-ce qu’ils ont été surpris par votre détermination ?

C’était la formation qui avait décrété qu’elle allait gagner les Jeux Olympiques. Il y avait Ronaldinho dont on avait entendu parler mais qu’on ne connaissait pas. Je pense qu’ils ont fait preuve d’un peu de condescendance. Et quand on commence un match de la mauvaise façon, on a du mal à exister. Ils ont eu beaucoup de mal à rectifier le tir, on les voyait « s’engueuler ». Ils nous étaient nettement supérieurs mais collectivement ils n’ont pas fait le « job ». Nous avons fait la différence dans la volonté, l’engagement et la détermination.

Vous n’avez pas douté quand Ronaldinho a égalisé dans les arrêts de jeu ?

Si si ! Parce qu’en plus de l’égalisation, il y a eu la seconde expulsion pour nous. Nous étions à 9 contre 11 contre le Brésil… Le coach m’avait sorti alors que je me sentais vraiment bien. Malgré tout ça, on arrive à mettre le but en or.

En demi-finale, vous affrontez le Chili qui était un sacré client. Cette équipe marquait beaucoup de buts avec un Iván Zamorano en feu…

Battre le Brésil nous avait donné un gros capital confiance. On leur marche dessus les 20 premières minutes en mettant beaucoup de qualité dans notre jeu. Le problème c’est qu’on jouait sans nos deux défenseurs suspendus, et que notre défense avait décidé de jouer la ligne… Le résultat était catastrophique mais notre gardien Carlos Kameni nous a gardé dans le match jusqu’à l’approche de la 80e minute où on a marqué contre notre camp. Les Chiliens dominaient outrageusement en seconde période et ça semblait plié. Malgré tout ça, je trouve les ressources pour me dire que ça n’était pas fini et pour remotiver les gars. Il y avait une finale en jeu ! J’ai égalisé peu de temps après et par un incroyable retournement de situation on a obtenu un penalty converti par Lauren à la dernière minute.

En finale, le retournement de situation a été encore plus fou. Xavi a ouvert le score à la 2’ et vous étiez menés 2-0 à la pause…

Il faut ajouter que Kameni arrête un penalty d’Angulo en début de match ! On jouait bien et le deuxième but espagnol était un accident. On ne faisait aucun complexe d’infériorité mais le problème était que nous avions trois joueurs majeurs, Eto’o, Lauren et Geremi, qui jouaient en Liga et qui étaient assez effrayés par les Espagnols. Pierre Womé et moi nous jouions en Italie et nous aurions eu peur si nous avions joué l’Italie, mais là nous ne faisions aucun complexe. Nous avons pris le moral de l’équipe à bras le corps et avons donné un élan positif. J’ai beaucoup parlé aux gars à l’échauffement, presque en me mentant à moi même. À la mi-temps, le coach était abattu. Je me suis levé et j’ai pris la parole en disant en substance que s’ils avaient marqué deux buts en 45 minutes on pouvait le faire aussi et surtout que c’était une chance historique de décrocher l’or olympique. Ça a remotivé tout le monde, y compris l’entraîneur qui a fait deux changements et a repositionné l’équipe. Ça a marché puisque nous avons égalisé en même pas un quart d’heure.

Comment ont réagi les Espagnols ?

Ils ont complètement perdu le fil. On connait l’importance du mental dans le football. Ils ont eu une première expulsion puis une deuxième et se sont retrouvés dans la situation dans laquelle nous étions contre le Brésil en quart. Du coup, on se dit que même avec cet avantage, ça peut passer pour eux surtout qu’ils mettent un coup franc sur le poteau… Ça nous glace quelques minutes puis on se remet à attaquer et Eto’o marque le but en or, refusé pour un hors-jeu. On va jusqu’aux tirs au but et ce sont les cinq joueurs victorieux à la CAN qui tirent et le mettent tous au fond.

Qu’avez-vous ressenti quand on vous a mis la médaille d’or autour du cou ?

J’avais déjà gagné des tournois dans vie, parfois avec des buts de dernière minute ou aux penalties. C’est une joie qui vous accompagne pendant des semaines, alors il faut juste essayer d’imaginer ce que c’est quand on est champion olympique. En plus, ça n’est pas quelque chose qu’on imagine quand on commence une carrière de footballeur professionnel. Jouant pour une nation africaine majeure, gagner la Coupe d’Afrique des Nations ou marquer un but en Coupe du Monde étaient des rêves légitimes. Quand je pars pour les JO, j’avais déjà accompli tout ce que j’espérais avec la sélection et je n’imagine pas obtenir une médaille. Et 15 jours plus tard, on gagne. Et il faut savoir qu’à l’époque, le Cameroun n’avait encore jamais décroché l’or. La joie était juste incommensurable. Je continue plus de 20 après à chercher à la décrire. Cette médaille d’or est ma plus grande joie de footballeur. Quand j’ai chanté, que-dis-je, hurlé, l’hymne national, j’avais un tourbillon de pensées positives dans ma tête. Surtout que cet exploit sortait de nulle part. Nous n’étions pas spécialement bien préparés et nous sommes passés plusieurs fois très près de l’élimination.


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