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Mboma, le roi Lion

RFI

Festival de buts à Sfax. Le Cameroun en a inscrit cinq dont trois pour le rappelé de dernière heure, Patrick Mboma. Un autre vétéran, le Zimbabwéen Peter Ndlovu, a lui inscrit 2 des 3 buts de son équipe.

Le 30 janvier 2004
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Les amoureux du football offensif ont été servis à Sfax : huit buts en quatre-vingt dix minutes, cinq pour les Camerounais, trois pour les Zimbabwéens. Patrick Mboma a marqué trois fois, Modeste Mbami deux fois tout comme Peter Ndlovu. Le dernier but, pas le moins beau, étant l’oeuvre du latéral droit Esrom Nyandoro. A la mi-temps le score était déjà de 3 buts à 1 en faveur du Cameroun.

Tout avait pourtant mal commencé pour les Lions indomptables. Après une frappe de Timothée Atouba sur la partie supérieure de la transversale, Peter Ndlovu, dès la 8e minute, recevait une passe en profondeur et en hauteur au deuxième poteau. Telle une fusée à son départ de Cap Canaveral, il s’envolait majestueusement, lui qui n’est pourtant pas bien grand, et trompait la vigilance d’Idriss Kameni. Le match démarrait fort, mais pas tout à fait comme on l’imaginait.

Piqués au vif, les coéquipiers de Rigobert Song reprenaient progressivement leurs esprits. Samuel Eto’o tentait quelques mouvements devant la surface mais avait du mal à trouver ses marques. Energy Murambadoro n’était pas réellement menacé. Il ignorait ce qui l’attendait. 31e minute, excellent centre d’Eric Djemba Djemba légèrement en retrait, reprise de volée en pivot de Patrick Mboma. Les Camerounais remettaient les choses en place. Ils allaient dès lors entamer une sarabande : Makoun était à deux doigts de doubler la mise sur un centre de Njitap bien relayé par Mboma, au mieux de sa forme, mais le tir du petit milieu de terrain était hors cadre.

Après une belle tentative de Mister Ndlovu, Mbami, parti de l’intérieur de son camp entreprend une longue chevauchée dans la moitié de terrain zimbabwéenne. Aux trente mètres, il avise Mboma, installé à l’entrée de la surface, lui glisse le ballon, remise instantanée du numéro 10 de l’extérieur du pied gauche, dans le mouvement : Mbami, dans son face-à-face avec Murambadoro, tire sur la droite de l’ultime rempart des Warriors. Les Lions prennent le dessus. Et ce n’est pas terminé : à une poignée de secondes de la mi-temps corner de Geremi Njitap sur la tête de Makoun, pas plus grand que Ndlovu, qui s’élève tel une fusée à Cap Canaveral, remet au premier poteau où se trouve le renard de surfaces, Monsieur Mboma qui allonge sa jambe droite, le geste qu’il faut. 3-1 pour les protégés de Wienfried Schäfer.

Mboma comme Milla en 1990

Le Zimbabwe revient des vestiaires avec la ferme détermination de se battre jusqu’au bout. Quand on a la chance, vingt-cinq ans après l’indépendance, de monter enfin ses couleurs à la CAN, on se doit de laisser une bonne impression. La seconde période est à peine engagée que « Rambo » Song fait une obstruction coupable dans sa surface : penalty indiscutable que Peter Ndlovu se fait un plaisir de transformer. A 3-2 tout demeure possible, mais les Camerounais ne sont pas du genre à se laisser impressionner. Ils baissent volontairement le rythme de la rencontre pour mieux sauter sur leur proie. Ce qu’ils vont faire en deux temps deux mouvements. A la 64e minute, débordement de Timothée à l’inétrieur de la défense zimbabwéenne, centre au cordeau pour...Mboma qui inscrit son troisième but du match, le quatrième depuis le début de la compétition. Et à la 66e minute, Mbami, parti dans l’axe légèrement sur la droite, affûte un tir en cloche qui passe juste au-dessus de Murambadoro légèrement avancé. La balle amorce tranquillement sa descente, direction les filets. 5-2, la messe est dite. Le défenseur zimbabwéen Esrom Nyandoro termine cette rencontre riche en but par un missile de vingt mètres qui va se nicher au fond de la cage. Et de huit pour une conclusion festive

Les Camerounais ont repris la main. Pour autant, on n’est pas persuadé que Schaefer ait fait le bon choix en dégarnissant sa défense centrale, laissant Mettomo sur le banc pour faire entrer Jean Makoun au milieu de terrain. Une défense à trois, c’était un peu risqué. Kameni a encaissé trois buts, quatre avec celui de l’Algérie. Lui qui ne joue pas dans son club, Le Havre, manque sûrement un peu de compétition. Mbami a eu des montées décisives comme l’attestent ses deux buts. Mais le grand bonhomme du match a été Patrick Mboma, véritable roi des Lions. Il avait été écarté de la sélection par Winfried Schaefer. Roger Milla et quelques autres ont plaidé sa cause au plus haut lieu, le palais d’Etoudi. Et Mboma a joué les Milla de 90. L’histoire, quelquefois, bégaye. Personne ne s’en plaindra. Mboma, qui a inscit treize buts en dix-huit matches de championnat du Japon avec l’équipe de Tokyo Verdy, prend la tête du classement des buteurs avec quatre réalisations, et onze buts depuis sa première apparition à la CAN. La légende veut que ce soit dans les vieux pots qu’on fasse la meilleure soupe !

Gérard Dreyfus


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