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Ferdinand Nana Payong : L’observateur de la Can
Le communicateur n’est pas rassuré sur la forme des Lions. Tunisie 2004

Mutations

Une canette de Coca-Cola posée sur une table basse. Une pâtisserie engloutie en un temps deux mouvements. En ce midi d’avant match, Ferdinand Nana Payong, connu du public pour ses différents coups marketing (bourse du livre, distribution de préservatifs, étoiles du marketing, etc) et aussi pour son statut de responsable de la communication de l’Onel, ne semble pas, jusque-là, véritablement convaincu par les deux premières prestations des Lions Indomptables.

Le 4 février 2004
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Et pourtant, les joueurs de l’équipe nationale, il les connaît. C’est lui qui, il y a quelques années, a reçu les nombreux invités venus assister au jubilé de Thomas Nkono au Kabangondo, son cabaret alors situé au centre-ville de Yaoundé. C’est encore lui qui a servi d’intermédiaire à Gilbert Kadji, le patron de la Kadji’s Sport Academy (Ksa), lorsqu’il a fallu aller débloquer la carrière naissante du jeune Samuel Eto’o Fils, relégué pendant près de 04 mois dans l’équipe réserve du prestigieux Real de Madrid par ses dirigeants.

Cet épisode madrilène, il s’en souvient d’autant plus que, depuis le début de la Can et notamment depuis le début du match Cameroun-Egypte, commencé depuis près de 30 minutes, il est complètement transparent. " Je ne crois pas qu’il ait en ce moment un problème de mental. Je vais d’ailleurs vous raconter une anecdote qui illustre ce que je suis en train de dire. Lorsque je suis allé le voir au Real de Madrid, il était en équipe réserve. L’un des coaches lui a demandé de venir compléter l’équipe première où il manquait un joueur. A un moment donné, Eto’o a reçu un ballon et ses partenaires Raul, Hierro, Morientés et autres stars ont tous réclamé la passe. Après avoir hésité un instant, il a adressé un long retrait en direction du gardien. Tout le monde s’est mis à le conspuer. L’entraîneur a aussitôt arrêté le jeu en demandant aux joueurs de garder leur position au moment où Samuel avait le ballon. Après avoir constaté que tous ceux qui réclamaient le ballon étaient tous en mauvaise position, il a donné entièrement raison à Eto’o. Il fallait être audacieux pour pouvoir le faire ". Sur le terrain, le score est toujours vierge. Fidèle à sa tradition au cours de cette Can, le Cameroun alterne bon et moins bon. Le milieu de terrain est inexistant.

L’attaque ne paraît pas en grande forme. Paradoxalement, la grande satisfaction provient de la défense, autrefois impénétrable. Décrié depuis le début de la compétition pour ses placements erratiques et fautes de mains, Cap’tain Song est impérial dans tous les duels. Ferdinand Nana Payong reste sceptique quant aux choix de l’entraîneur allemand. " Je ne comprends pas pourquoi il a sélectionné Samuel Olembé. Le jeune Achille Emana de Toulouse aurait certainement apporté plus de percussion au milieu de terrain camerounais... ".

Le néo-toulousain fait aussi parti des jeunes qu’il a voulu lancer à leurs débuts. " Sur recommandation de sa mère, qui est une amie, je l’ai amené à la Ksa pour qu’il subisse un test d’entrée”, révèle-t-il. " Malheureusement, ils ont estimé qu’il n’était pas assez performant. Aujourd’hui encore les dirigeants du centre de formation s’en mordent les doigts ". Nous sommes en deuxième mi-temps et le match s’enlise. Le Cameroun, toujours qualifié, n’est pas encore à l’abri d’une surprise. Pour essayer de comprimer son stress, Ferdinand Nana Payong va d’anecdote en anecdote. En ce qui concerne justement le choix des joueurs prometteurs, il a sa petite idée sur la question : "

Lorsque j’allais dénicher les joueurs dans les championnats de quartier, je choisissais toujours ceux que leurs coéquipiers avaient affublé de grands sobriquets. Je pense sincèrement que lorsqu’un jeune se fait appeler Milla, Zico, Pelé ou Platini, il a certainement du talent. "
Le match est train de s’achever. Dans l’autre rencontre, le Zimbabwe mène l’Algérie au score. Le Cameroun peut
respirer. Une voiture s’annonce dans la résidence située au quartier Omnisports. Des portières claquent. Nana Payong prévient : " C’est certainement la dame chez qui j’habite ". Tout le monde se retourne. Madame Nana Payong, qui revient de son lieu de service dans un hôpital de la place, entre, suivie de sa fille âgée de 12 ans et élève au collège Vogt. Passionnée de football, cette dernière affirme avoir regardé le match dans une cafétéria près de son école. Son jugement sur les Lions est sans appel : " Ils doivent encore se préparer. Ils ne sont pas au top de leur forme ".

Thierry Ngogang


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