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Samuel Eto’o : en sélection, la quête du brassard et ses conséquences
Le 11 décembre 2021
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Lorsque Paul Le Guen arrive samedi 25 juillet 2009 au Cameroun pour parapher son contrat, il a à ses côtés Samuel Eto’o avec qui il a effectué le voyage depuis Paris. Était-ce une pure coïncidence ? Si non, qui a initié ce voyage commun ? De quoi se sont-ils parlé durant les presque six heures du voyage ? Une chose est sûre : dès l’atterrissage de l’avion sur le tarmac de l’aéroport international de Nsimalen, le sort de Rigobert Song est scellé.

Pour les uns, Samuel Eto’o aurait profité de la nomination de Le Guen pour s’accaparer du brassard du capitaine. Et pourtant, l’histoire nous enseigne que le capitaine des Lions Indomptables a toujours été choisi par les hautes autorités de la République, représentées par le ministre des Sports.

Les tenants de cette thèse, à l’extérieur comme à l’intérieur de l’équipe nationale, lui reprocherait son empressement puisque Rigobert Song aurait déjà notifié que la Coupe du Monde 2010 serait sa dernière compétition internationale.

Ce n’est pas la première fois que Samuel Eto’o se plie à cette exercice. En 2003 déjà, une sérieuse affaire de brassard a fait trembler de l’intérieur, le groupe Lions Indomptables. À l’époque, la présence de Marc Vivien de l’intérieur et de Raymond Kalla de l’extérieur, couplée à la maitrise du sélectionneur d’alors, ont vite fait de résoudre le problème. Eto’o devenait ainsi le premier vice-capitaine devant Gérémi. Ce premier coup de force, que d’aucuns ont appelé "crime de lèse-majesté" est resté dans les esprits.

Deux clans se formèrent donc et se sont affûtés au fil des années. Avec les succès du pichichi et la baisse de forme de Rigobert Song, l’équilibre des force a basculé.

Paul Le Guen a définitivement fait chaviré la balance. Dès sa nomination, il évite soigneusement d’appeler ou de rencontrer ou encore moins parler à Rigobert Song.

Des rumeurs de changement de capitanat se sont accumulées jusqu’au premier match amical contre l’Autriche. « Rigo », le patron, chauffe le banc tandis que Samuel (Eto’o) est le nouveau capitaine.

"Avant ce match, le coach n’a jamais dit à « Rigo » qu’il ne sera plus capitaine. C’est là où tout est parti. Voilà donc la racine du malaise", nous a confié un Lion indomptable, à la veille du Mondial.

C’est là où tout est parti. Les clans se sont davantage cristallisés. Malgré cela, les Lions, à la faveur d’un nouveau souffle, se qualifieront pour la CAN et le Mondial le 14 novembre 2009 à Fès au Maroc.

La CAN Angola 2010 en janvier fut un désastre.

Au match amical du 3 mars 2010 à Monaco contre l’Italie, Gérémi et « Rigo » ne sont pas convoqués. L’électrochoc est mondial. À l’intérieur du groupe, une partie de l’équipe vit très mal la situation. Le bouc émissaire est vite trouvé en la personne du nouvel homme fort. Le vestiaire se bouge, des oh ! et des ah ! sont entendus.

Dès lors, certains joueurs qui seraient à l’origine des oh ! et des ah ! sont ciblés. Les rumeurs de leur mise à l’écart commencent à circuler. Nous sommes plusieurs semaines avant le début de la coupe du monde. Cela s’ajoute au mal-être d’Achille Emana.

Sous pression, Le Guen décidera finalement d’emmener avec lui en coupe du monde Gérémi et Rigobert, mais il leur indiquera qu’il ne compte absolument pas sur eux. Il souhaitait les informer de ce qui les attend, et du rôle qu’il aimerait les voir jouer. Rigo sera tout de suite d’accord alors que Gérémi demandera un temps de réflexion qui lui fut accordé.

Paul Le Guen décidera de donner dix jours de vacances à Samuel Eto’o alors que les Lions sont en regroupement intensif en Autriche. L’ambiance déborde de sérénité, de bien-être. Tous tirent dans la même direction. les jeunes sont heureux, les vieux aussi. Aboubakar Vincent est aux anges, Rigobert Song s’amuse avec sa crinière blonde. Les matchs nuls des matchs amicaux n’émeuvent personne puisque tous jouent la même partition.

Dès le Portugal et l’arrivée du pichichi, une ambiance lourde fait son nid.

Moins de 24 heures après l’arrivée du groupe Cameroun à Durban, on confirme les absences des "anciens", mais aussi ceux d’Emana et d’Alex Song du groupe. Le mal est profond. La révolte gronde. Paul Le Guen n’en a cure.

Le résultat contre le Japon envenime la situation. Les chiens sont lâchés.

Entre les deux premiers matches, on a passé le temps à « réconcilier » les clans, à apaiser les tensions. Au diable la concentration. Les démentis pleuvent. Et les "je t’aime, moi non plus". La déchirure entre Eto’o et Alex Song est entière. Chacun choisit son camp au gré de ses intérêts. Dans le groupe, ceux qui décident de ne pas s’y mêler sont accusé par un camp ou par l’autre d’avoir vendu son âme. La même réflexion est appliquée aux hommes de média qui se font mettre une pression indue.

Paul Le Guen a perdu définitivement le contrôle de son équipe. Le Cameroun a perdu des millions engloutis, perdu l’honneur, perdu la face.

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