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Crise à la Fécafoot : quand l’Etat joue le rôle d’arbitre

Dans un rôle de sapeur-pompier, la plus haute autorité camerounaise ne se fait jamais prier pour intervenir en cas de crise à la Fédération de football. Cette « ingérence » pourtant décriée par la Fifa, s’est souvent révélée salutaire pour la bonne marche du football camerounais.

Le 20 avril 2021
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« Tout est arbitré à la présidence de la République ». En une phrase, un cadre du ministère camerounais des Sports lève toute ambiguïté sur le rôle du sommet de l’Etat dans la gestion des crises dans le football. Comme on le voit avec la situation qui prévaut à la Fécafoot. Au plus fort d’une décision du Tribunal Arbitral du Sport (TAS) qui annule l’ensemble du processus électoral achevé le 28 décembre 2018, deux instances dirigeantes sont nées. D’un côté le Comité Exécutif intérimaire choisi par la Fifa et constitué des membres du Bureau dont l’élection a été annulée par le TAS. Et de l’autre côté, le Comité Exécutif Provisoire mis sur pied le 2 février dernier par l’Assemblée générale de 2009, et présidé par le sénateur Albert Mbida.

L’Etat s’aligne derrière la Fifa

Dans le cadre de l’arbitrage du gouvernement camerounais, les présidents des deux Comités ont été reçus en audience au Premier ministère le 17 février dernier. Le sénateur Albert Mbida était le premier à échanger avec le secrétaire général du Premier ministre. Des sources renseignées rapportent que le membre du gouvernement serait apparu « agacé » par le rôle que son interlocuteur semble désormais jouer dans cette grande cacophonie. Le président de la République serait en effet opposé aux agissements du « Comité Exécutif Provisoire » de la Fécafoot version 2009. « Le Pr Mbida a été tancé tout au long de cette audience, glisse une source introduite. On lui a dit qu’il s’est associé à une initiative qui vise à troubler l’ordre public et à s’opposer à la reprise des championnats alors même que la Fifa a déjà tranché l’affaire. Et que le gouvernement a pris position dans le même sens. Il lui a été rappelé que créer une Fécafoot bis, alors même que le Tribunal Arbitral du Sport n’a pas validé la réintégration de l’Exécutif de 2009 revient à défier cette instance juridictionnelle avec la Fifa et l’Etat du Cameroun ».

Le président du Comité Exécutif intérimaire, choisi par la Fifa a quant à lui été reçu quelques instants plus tard. Seidou Mbombo Njoya a obtenu une nouvelle fois l’onction du gouvernement. « Le secrétaire général du Premier ministre lui a confirmé qu’instruction a été donnée par la présidence de la République de mettre à la disposition de la Fécafoot toutes les ressources nécessaires pour la reprise des championnats », révèle une source à la Fécafoot. La preuve de l’implication du sommet de l’Etat ? Le 24 février dernier, le ministre des Sports a saisi le patron du Comité Exécutif intérimaire, version Fifa. Dans sa correspondance, Narcisse Mouelle Kombi annonçait la mise à la disposition des différents stades du pays à ce Comité transitoire en vue du démarrage des championnats professionnels qui ont livré leurs septièmes journées respectives le week-end dernier. Pour s’assurer que le Comité provisoire de 2009 ne viendra pas perturber le bon déroulement de la saison, le ministre de l’intérieur, Paul Atanga Nji a écrit aux gouverneurs des régions. Il leur présente « Seidou Mbombo Njoya comme seul et unique responsable devant conduire les activités de la Fécafoot ».

Missions gouvernementales à la Fifa

Ce n’est pas la première fois que la présidence de la République donne des instructions aux ministres du gouvernement à l’effet d’intervenir dans une crise à la Fécafoot. La dernière décennie a particulièrement été riche en illustrations. L’institution du football est en effet phagocytée depuis 2013 par des querelles intestines des acteurs qui n’arrivent pas à s’accorder les violons sur le profil de celui qui devrait l’administrer. L’imbroglio à la Fédération avait même poussé la Fifa à suspendre le Cameroun au cours de cette même année (2013) pour « ingérence de l’Etat dans le processus électoral ». La présidence de la République avait dû s’activer pour la levée de cette suspension, en dépêchant une mission gouvernementale à Zurich quelques jours plus tard. Celle-ci était notamment composée du ministre des Sports de l’époque, et son collègue de l’Administration Territoriale. D’autres émissaires du gouvernement ont également arpenté les couloirs de la Fifa pour régler des affaires liées au football, mais dans d’autres registres. Entre 2013 et 2019, la fédération a été dirigée par deux comités de normalisation, nommés par la Fifa sur proposition avec l’assentiment du gouvernement.


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