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Antonio Conceiçao : une mauvaise communication qui va briser son projet de ramener les jeunes surdoués binationaux en sélection nationale

Avec Onze Mondial

Le sélectionneur national du Cameroun a peut-être réussi à convaincre la Fécafoot de lui offrir un contrat, mais une des interviews qu’il a accordé à un magazine français risque probablement de bloquer indéfiniment son projet avec les Lions Indomptables. En révélant au public les efforts qu’il fournit au nom du Cameroun pour rapatrier les binationaux en citant expressément le nom de Youssoufa Moukoko, il a de manière malencontreuse attiré l’attention de toute l’Allemagne qui va exercer une pression majeure sur l’adolescent afin qu’il reste dans leur giron. C’est un exemple d’inexpérience et d’immaturité, qui sont des ingrédients d’un échec retentissant.

Le 22 décembre 2020
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Ci-après l’intervie accordé à Onze Mondial

Antonio, vous avez repris la sélection camerounaise il y a un peu plus d’un an. Qu’avez-vous changé pour remettre les Lions sur le chemin du succès ?

Antonio Conceiçao : pour ce qui est du travail et de l’entraînement, nous n’avons pas procédé à d’immenses évolutions par rapport à nos prédecesseurs. Le gros de notre travail, avec mon staff, est centré sur deux grands axes : le premier était l’observation et l’analyse des joueurs déjà en sélection, le second était la détection d’éléments – internationaux camerounais en sélection de jeunes ou non - pouvant intégrer cette groupe dans le futur. La finalité est de parvenir à constituer le groupe de 20-25 joueurs le plus homogène et cohérent possible afin d’être compétitif en prévision de la CAN qui se jouera au Cameroun mais aussi des qualifications pour la Coupe du Monde.

Depuis votre arrivée, vous avez multiplié les incorporations de nouveaux joueurs. Certains ayant évolué sous d’autres drapeaux dans les catégories de jeunes...

Antonio Conceiçao : A l’issue du gros travail d’observations que nous avons menés, on a mis en place un plan de travail à deux, trois voire même cinq ans. Il est important de préparer l’équipe pour les objectifs à court - moyen terme mais il faut aussi penser au futur de la sélection du Cameroun. Sur le moyen – long terme, nous travaillons avec un répertoire de jeunes talents camerounais, évoluant partout dans le monde, et qui sont susceptibles d’intégrer les Lions à l’avenir.

Quels objectifs vous êtes-vous fixé avec la sélection du Cameroun ?

Antonio Conceiçao : C’est le deuxième grand axe de travail après l’observation, on veut créer un esprit de groupe. Nous discutons énormément avec chaque élément de la sélection, nous les préparons mentalement à faire face aux difficultés auxquelles nous serons confronté. On sait où l’on souhaite aller et on bâtit notre groupe en conséquence. La finalité est de se qualifier pour la Coupe du Monde 2022 mais également de briller dans la Coupe d’Afrique qui doit se jouer au Cameroun en janvier 2022. L’idée est de se hisser jusqu’en finale de la CAN et bien évidemment de la gagner.

Vous insistez beaucoup sur l’état d’esprit...

Antonio Conceiçao : Ce n’est qu’au travers d’une adhésion totale des joueurs et d’un esprit de groupe que nous parviendrons à nos fins. C’est le message que nous nous efforçons à faire passer aux joueurs. En tant que sélectionneur, mon rôle est d’être totalement transparent et de faire comprendre aux joueurs, qu’ils jouent ou soient sur le banc, les valeurs que l’on attend. Malgré l’arrêt des sélections durant huit mois à cause du Covid-19, les joueurs sont très réceptifs à nos exigences. Nous sommes en dialogue constant avec eux, que ce soit par téléphone ou par message. A chaque fois que c’est possible nous nous déplaçons les voir dans leur club. Il y a un vrai travail de suivi.

Le football africain est parfois folklorique dans son organisation. Pour votre première expérience de sélectionneur, comment appréhendez-vous ces difficultés ?

Antonio Conceiçao : En tant qu’entraîneur, cela peut vite devenir quelque chose qui fatigue. C’est un thème qui revient toujours sur la table. Dès le départ, on m’avait averti du problème. Je n’ai donc pas été surpris. Je me bats du mieux que je peux pour que mes joueurs puissent travailler dans de bonnes conditions. Ce n’est pas toujours le cas. Rien que sur le dernier rassemblement au Mozambique, on est arrivé à l’aéroport à 11 heures du soir. Notre sélection est restée bloquée quatre heures durant sur place avant d’être enfin autorisée à se rendre à l’hôtel. Mon rôle de sélectionneur est justement de tranquilliser les joueurs dans ce genre de situations parfois compliquées. Malheureusement, cette affaire n’est pas un cas isolé et n’est pas seulement le problème de la Fecafoot (sa Fédération, NDLR). D’autres (le Gabon en l’occurence, NDLR) ont été obligés de dormir à même le sol à l’aéroport. Ce n’est pas quelque chose de positif pour le football africain en général. Il faut voir comment dépasser ce genre de problèmes.

N’est-ce pas un frein pour convaincre certains, habitués aux conditions de jeu « à l’européenne », de rejoindre les Lions ?

Antonio Conceiçao : Effectivement, on constate que ça peut vite être un problème. A mon arrivée, un groupe de joueurs s’était rendu indisponible pour la sélection. Justement à cause de ces problèmes passés, d’organisation, de planning... Dès le départ, c’est l’un des points sur lequel j’ai insisté lors de mes rencontres avec les responsables de la Fédération. Il faut améliorer tout l’aspect logistique. Concernant les joueurs, forcément ce n’est pas évident quand on a l’habitude des organisations très cadrées qu’on rencontre dans les grands championnats européens maintenant je compte sur leur motivation et sur leur fierté de porter ce maillot pour surmonter ces quelques problèmes...

La Ligue 1 est un terreau très fertile pour la sélection camerounaise. Lors du dernier rassemblement, vous aviez cinq éléments évoluant en France (Moukoudi, Castelletto, Oyongo, Bahoken, Toko-Ekambi), deux dans une liste de réservistes (Ngouyamsa, Zobo) et il y avait encore quelques absents (Ganago, Neyou)...

Antonio Conceiçao  : Oui. Les championnats français et belges sont ceux qui focalisent le plus notre attention. Dans mon staff, Anthony Silva est un membre dédié à cette zone géographique. Son rôle est justement d’effectuer toute l’observation sur les joueurs évoluant en France. Comme moi, c’est un Portugais mais il est parti très tôt en France, il connait très bien le milieu du football français. De par les contacts qu’il a sur place, il est mon œil sur la Ligue 1 et même sur les divisions inférieures. Grâce à lui, je sais précisément et à chaque week-end, qui est en forme et qui ne l’est pas. Je sais aussi s’il y a des jeunes camerounais qui brillent dans les réserves des clubs locaux et qui peuvent intégrer nos sélections U23, U21 ou plus jeunes. Le projet que j’ai présenté à la Fecafoot ne concerne pas seulement la sélection A mais toutes les sélections camerounaises sur le long terme. On aspire aussi à construire un réservoir.

Au classement des buteurs de Ligue 1, le Cameroun est la deuxième nation la plus présente dans le Top 10 (derrière les joueurs français) avec Karl Toko-Ekambi (7 buts), Stéphane Bahoken (5 buts) et Ignatius Ganago (5 buts). Cela doit occasionner des choix compliqués pour le sélectionneur des Lions …

Antonio Conceiçao : (Rires) Vous l’avez dit, c’est difficile car ils ne sont pas les seuls devant (le capitaine Eric Maxim Choupo-Moting a signé au Bayern Munich et Vincent Aboubakar s’est relancé à Besiktas, NDLR). En tant que sélectionneur, on préfère toujours avoir ce genre de problèmes. Je suis de près les performances de Toko, de Bahoken, de Ganago bien évidemment. Je suis content de voir que Toko retrouve des statistiques après avoir été un peu chahuté en début de saison. Pour moi, c’est un chasseur, quelqu’un qui sait saisir le bon moment pour sauter sur sa proie. En ce moment, il est en réussite. Je n’en oublie pas les autres qui sont aussi important pour le Cameroun, son futur mais aussi son présent même si Ganago n’était pas de la dernière sélection pour cause de blessure.

Vous avez parlé d’un répertoire de jeunes joueurs dont vous disposez et que vous suivez...

Antonio Conceiçao : Oui, il y a une quarantaine de noms dessus. Si j’avais été choisi par la Fecafoot comme sélectionneur du Cameroun, c’est justement sur la base de ce projet. Je m’étais présenté à l’entretien avec une liste de joueurs que mon staff et moi comptions convaincre de rejoindre la sélection, dans un projet sur plusieurs générations de joueurs incluant les U19, U21 et U23. Dès le départ, notre souhait était de rassembler les joueurs d’origine camerounaises afin de leur donner le goût et l’habitude de défendre le drapeau national.

Y a-t-il des dossiers chauds ?

Antonio Conceiçao : C’est un travail difficile, qui demande un gros investissement pour creuser dans les réserves de grands clubs, en France, en Angleterre (Manchester, Arsenal et Liverpool), en Espagne, en Allemagne, mais dont la finalité est d’éviter la dispersion, vers des sélections européennes, des talents camerounais. En ce moment, par exemple, on travaille à convaincre le prometteur Youssoufa Moukoko (Borussia Dortmund, 16 ans), qui est international U20 allemand, de nous rejoindre dans ce projet. Un dialogue est mené avec le joueur et sa famille afin qu’il joue pour le Cameroun.

Recueilli par Alexandre CORBOZ


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