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Fifpro Afrique

Geremi Njitap : « En Afrique, les joueurs ne sont pas encore reconnus... »

Le président du Synafoc qui rejoindra officiellement au mois de décembre prochain, le Conseil d’administration de la Fifpro à Amsterdam. Dans une interview accordée au site de l’institution, il revient sur sa formation aux côtés de son mentor David Mayébi, sur les mauvais traitements que subissent les footballeurs africains en général et la bataille qu’il attend mener pour contribuer à l’amélioration de leurs conditions de travail. Quelques extraits.

Le 14 septembre 2017
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Parlant de votre mentor, vous marchez parfaitement sur ses traces...

David a laissé une profonde empreinte, que ce soit au Cameroun, avec le Synafoc qu’il a porté sur les fonds baptismaux, ou à la FIFPro, en étant le premier Africain à devenir membre du board, puis l’un des membres fondateurs de la Division Afrique. Je suis la voie qu’il a tracée, mais il est loin encore le temps où l’élève dépassera ou même rattrapera le maître. En revanche, je me rends compte que ce que j’ai appris avec lui m’est chaque jour plus utile, que ce soit à la tête du syndicat camerounais ou en tant que membre d’une division Afrique que je suis si fier de représenter au niveau mondial.

Le board de la Division Afrique, élu en juillet, fait la part belle aux « légendes » du football africain dont vous êtes le digne représentant…

C’est le meilleur message que nous pouvons envoyer, et pas seulement en Afrique d’ailleurs, pour encourager les joueurs les plus connus à s’engager pour les autres au travers de leurs associations ou syndicats nationaux, que ce soit pendant ou après leurs carrières. Si nos carrières, justement, et nos palmarès peuvent nous faciliter la tâche, nous ouvrir plus facilement certaines portes, nous donner accès aux politiques et aux médias, pourquoi n’en profiterions-nous pas à partir du moment où nous avons décidé de nous mettre au service des autres ? Il faut certes parfois se mettre en danger, parler fort, taper du poing sur la table, mais le jeu, croyez-moi, en vaut la chandelle. Je n’hésiterai pas, pour ma part, à me mettre en danger pour servir les droits et les intérêts des footballeurs africains ! Et puis, il y a tellement de choses à faire…

Tellement ?

En Afrique, les joueurs ne sont pas encore reconnus pour ce qu’ils sont. Pour des salariés comme les autres ! Dans un trop grand nombre de pays, y compris dans certains au sein même de la Division Afrique, les contrats n’existent pas ou ne sont pas respectés quand ils sont signés. C’est inacceptable, comme le sont les retards de salaire ou, même, l’absence pure et simple de salaire, les non-prises en charge des soins médicaux, l’absence d’un véritable statut, d’une reconnaissance minimale. Le chantier est énorme, même si beaucoup a déjà été fait dans un grand nombre de pays !

Vous faites allusion aux salaires…

(Silence) Le nombre de joueurs qui sont dans l’attente de leur salaire, parfois depuis plus d’un an, est considérable et cela ne semble choquer personne, ni à la CAF, ni à la Fifa. Pourtant, il suffit qu’un sélectionneur ne soit pas payé et la Fifa menace d’exclure le pays de toutes compétitions internationales, comme cela s’est passé avec Didier Ollé-Nicolle et le Bénin en août dernier. Pourquoi n’agit-on pas de même pour les joueurs ? Pourquoi la Fifa n’exerce-t-elle pas de pression sur les fédérations des clubs qui se rendent coupables de telles exactions envers les joueurs ? Tout le monde sait ce qui se passe et personne n’agit, mais cela n’a que trop duré, alors qu’un grand nombre de footballeurs sont dans une situation catastrophique, vivent l’enfer, incapables de subvenir à leurs besoins. Combien de temps encore les instances vont regarder leurs vies se dégrader sans agir ? Bien sûr, les joueurs, quand ils le peuvent, quand ils résistent à la pression ou se moquent des menaces, quand ils en ont les moyens ou sont aidés par leurs associations nationales, vont au tribunal, mais ce n’est pas une fin en soi. Ce n’est pas une façon de régler les relations sociales entre salariés et employeurs. Toutes les bonnes volontés doivent agir et nous sommes prêts à la Division Afrique à réunir toutes les parties prenantes pour trouver les solutions. Mais aujourd’hui, dans l’attente, nous ne pouvons qu’encourager les footballeurs à saisir la justice pour faire reconnaître leurs droits et toucher leur dû.

Pensez-vous que votre appel sera entendu ?

Il faut l’espérer. Nous sommes partisans d’un dialogue franc et constructif au niveau national, avec les fédérations, ainsi qu’au niveau international avec la Caf. Nous avons signé en 2011 un accord de reconnaissance mutuelle, écrit le début d’une collaboration avec la confédération africaine, qui ne pourra être que bénéfique pour le football africain. Mais de nombreuses pages restent à écrire, d’autant que le président Hamad semble vouloir nous ouvrir la porte et souhaite écouter ce que nous avons, au nom des footballeurs africains, à lui dire.

C’est un gros chantier…

Mais ce n’est pas le seul, évidemment. Les quatre prochaines années vont être déterminantes pour la Division Afrique, qui vient de fêter ses dix ans, et je suis bien décidé à prendre toute la part qui me revient et d’honorer la confiance que l’on a placée en moi pour atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés. Parmi eux, il faut notamment réussir l’intégration des pays que nous avons reconnus, il y a quelques années déjà, comme le Gabon, le Kenya ou la Tunisie, tout en renforçant et en professionnalisant nos dix membres officiels, en leur donnant les moyens d’être toujours plus proches des joueurs, toujours plus efficaces, toujours plus influents. Mais il faut également continuer à regarder du côté des pays qui seraient susceptibles de nous rejoindre un jour comme la Nigeria, l’Algérie, la Zambie, le Togo, le Sénégal, le Mozambique ou encore l’Ethiopie. Pas question pour autant de délivrer des blancs-seings à ces pays. Nous allons étudier chaque situation avec minutie, en prenant le temps de l’étude et de la réflexion…

Réunis par L.M


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